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Boutique JB Fleurs Dunkerque - 59140
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26/06/2020

Interview de Valérie Feuillet, Créatrice du réseau et Directrice Générale de Fleuristes et Fleurs

À l’aube de la réouverture des fleuristes après le confinement, le 11 mai, Les tutos de Mikala s’intéressent au concept Fleuristes et Fleurs. Interview vidéo de Valérie Feuillet, créatrice de Fleuristes et Fleurs.

 

Retranscription de la vidéo

Présentation du concept Fleuristes et Fleurs et de son histoire

Les tutos de Mikala (TM) : Est-ce que tu veux bien nous résumer ce que le concept de Fleuristes et Fleurs ? Moi, je le connais, mais tout le monde ne le connaît pas.

Valérie Feuillet (VF): J’ai créé le concept Fleuristes et Fleurs il y a 11 ans. Je travaillais chez Florajet avec qui j’ai fait du bon travail et avec qui je suis partie en très bons termes. Je trouve que Philippe est quelqu’un qui a créé sa chaîne dès le début, tout seul, il l’a levée de terre. J’ai beaucoup de respect pour Philippe. Mais j’avais envie de faire autre chose. Moi, en réalité, quand j’ai vu l’arrivée des bouquetteries sur Internet, je me suis dit : « où va passer le savoir-faire et où vont passer les fleuristes ? ». Chez Florajet, d’ailleurs, j’ai fait une rencontre. Ce sont les fleuristes, ce public à la fois créatif, parfois un peu naïf, surtout sur Internet…

TM : Oui, Internet, c’est une partie qu’ils ne connaissent pas…

VF : Oui, je suis tombée en amour de ces créatifs, de ces gens qui travaillent comme des fous pour vivre leur passion. Quand j’ai créé Fleuristes et Fleurs, c’était essentiel pour moi que les fleuristes touchent 100 % de leur travail. C’était mon idée de base. Je ne voulais pas que le client paye des frais, parce que j’avais l’intuition que si on ne leur faisait pas payer de frais de transmission, alors ils achèteraient plus de fleurs. On me disait : sur Internet, pas du tout, ce ne sont que des petits prix…
Aujourd’hui, j’ai un panier moyen à 46 €. L’intuition n’était pas une folie ! C’est énorme. En ce moment, nous sommes à 49 € de panier moyen. Je ne voulais pas non plus de franchise. En créant Fleuristes et Fleurs, c’était surtout tout ce que je ne voulais pas (rires) ! Je ne voulais pas que des franchises, parce que j’étais toute nouvelle et que j’arrivais, puissent me dire : je te prends tout mon réseau et que, du coup, je me sente embringuée dans quelque chose que je ne voulais pas perdre. Je suis sûre que les franchises font du très bon travail. Mais moi ce n’était pas eux que je voulais servir. Ils étaient trop accompagnés, alors que les fleuristes, non.
Donc, à ce moment-là, j’ai fait une belle rencontre, avec Catherine Giraud, du magazine Fleurs News, une passionnée, elle aussi. Elle fait son métier avec passion. Ensemble, nous avons monté en parallèle – nous ne sommes pas associées, nous avons deux structures et avons gardé notre indépendance – une régie publicitaire. Cette régie publicitaire me permet de pouvoir continuer à faire grandir le site, car il demande de l’argent en permanence et des évolutions constantes. Donc, cela me permet de garder un tarif le plus bas possible pour les fleuristes et de gagner ma vie. Je ne suis pas extrêmement gourmande. Pour moi, réussir ma vie, c’est faire du bon travail (rires).

TM : Pendant le confinement, pour vous, comment se sont passées les choses. Quel choix avez-vous fait ?

VF : Comme tout le monde, on a été sidérés. Vraiment. On a eu peur pour nos petits artisans, aussi. Peur pour nous aussi, pour être honnête. Nous sommes aussi sur du flux tendu, nous sommes des petits. Immédiatement, on a pris la décision d’enlever la carte bancaire en ligne pour faire souffler les fleuristes, mais avons laissé le canal de vente ouvert sur le téléphone pour que les fleuristes puissent continuer à recevoir les appels de leurs clients et qu’ils puissent dire : « on ne peut pas », pour ne pas les couper de leurs clients.

TM : Et si des clients voulaient faire le choix d’envoyer des fleurs et que le fleuriste décidait de travailler. Pouvait-il le faire ?

VF : Oui, cela ne s’est jamais arrêté. Immédiatement, nous avons pris une décision qui peut paraître farfelue, mais qui nous tenait à cœur. Nous avons annulé les prélèvements d’avril pour nos fleuristes. C’était un acte solidaire, même si cela nous a mis, nous, en fragilité. On ne se sentait pas… c’était dur pour tous…

Réouverture des fleuristes en ligne avant le 11 mai

TM : Et la réouverture des fleuristes le 11 mai, comment se passe-t-elle ?

VF : Nous avons déjà rouvert. C’est carton général sur Internet ! Aujourd’hui, nous vivons une fête des Mères, même plus grosse. J’ai à peu près 10 % des fleuristes, à la suite de mailings, qui ont rouvert la carte bancaire, pour ceux qui pouvaient faire des livraisons. Ce qui est avantageux, avec Fleuristes et Fleurs, c’est que lorsque la carte bancaire est ouverte, alors le Click & Collect l’est aussi. Tous nos fleuristes, aujourd’hui, peuvent désengorger leur boutique. On parle de la fête des Mères,… il y a de la pré-réservation de commande. Aujourd’hui, le Click & Collect, le drive et autres noms, ça marche ! Les cartes bancaires marchent aussi. Les fleuristes les veulent. C’est sur demande. On respecte chacun. On écoute chaque artisan. On n’a pas de communauté d’artisans, on a plein de petits artisans qui ont chacun leur histoire. On essaie de les respecter chacun.

TM : C’est une belle histoire. Je te remercie. J’imagine que pour vous aussi, vous avez eu des demandes au niveau des sites Internet, des créations…

VF : C’est énorme. Je croise les doigts pour qu’on fasse la couverture France. Aujourd’hui nous sommes à 1500, mais il m’en faut au moins 2000 ou 3000 pour avoir une couverture France. On avance doucement, car il faut qu’on voie qui travaille bien, qui respecte le client… On est des petits artisans, nous aussi. On progresse doucement. J’ai beaucoup d’espoir que les fleuristes continuent à venir vers nous, pour avoir leur boutique marchande, pour avoir leur publicité, pour enfin récupérer leurs parts de marché. L’effort du travail est à eux. Ce sont eux qui font le travail. J’ai bon espoir que la communauté grandisse. Plus on grandit, plus on est fort et plus je peux payer de la publicité sur Facebook, je peux payer mon développeur…

TM : Le fameux référencement qui nous échappe à tous !

VF : Oui, mais pas seulement ça ! Ce sont des blagues qu’on raconte. Tu payes 5000 € et tu passes six mois pour développer un site marchand et tu crois que tu es arrivé au bout du monde. Non ! Tu es seulement au début ! Le référencement, c’est important, mais ça ne suffit pas. Il faut un canal de vente qui tient la route. Nous en avons deux. Ceci est complètement atypique sur les sites marchands, car ils fonctionnent toujours avec la carte bleue. Les clients adorent avoir les fleuristes au téléphone. Nous avons carté sur la possibilité pour le client d’appeler. Après, il faut également du Click & Collect, sinon cela ne sert à rien. Une fois que tout est réussi, ça ne suffit pas. Il faut de la communication. Nous rédigeons des articles sur le blog pour les fleuristes, montrons les visages des fleuristes sur notre site… Chaque mois, les fleuristes nous envoient un bouquet de leur choix. Moi, je n’ai pas envie que les gens pensent que les fleuristes font seulement des bouquets ronds !

Les sites des fleuristes sur Internet et le travail de Fleuristes et Fleurs

TM : Donc, ce n’est pas un photographe qui est venu faire des photos des bouquets, ce sont tes fleuristes qui envoient les photos qu’ils font. C’est génial !

VF : Oui ! Je tiens beaucoup à notre catalogue. Nous avons mis 9 mois à le faire. Nous avons fait intervenir des gens doués en marketing, des gens doués dans l’achat de fleurs. Le marketing et l’achat de fleurs sont deux choses différentes. Je ne voulais pas faire des bouquets de fleurs mortes sur un fond blanc, comme des fleurs décédées ! Là aussi, on a fait intervenir des photographes et nos des compétences pour savoir ce qui se vend sur Internet, ce qui ne se vend pas sur Internet, les prix, etc. Nous avons fait 3 prix différents et c’est comme cela que nous avons augmenté le panier moyen. Nous avons fait intervenir des fleuristes et je veux vraiment les citer. Stéphane Fortier à Bagnols sur Cèze et Pierre Henry, à Vaison-la-Romaine… Nous avons un catalogue de cœur. Chaque artisan peut prendre le catalogue ou ne pas le prendre. Il peut rajouter ses propres bouquets, il peut changer ses prix. J’ai oublié de dire qu’un site de fleuriste, il faut qu’il vive. Si tu ne le mets pas à jour en permanence, il est décédé ! Nous mettons à jour les pages de nos fleuristes, présentons leurs bouquets pour eux. S’ils ne les aiment pas, ils peuvent les enlever. S’ils trouvent que les bouquets ne sont pas assez chers, ils peuvent augmenter les prix… Au moins, les fleuristes ont de la matière pour travailler et pour décider. Ce sont eux qui décident, pas moi.

TM : Tu m’avais aussi expliqué que, à chaque saison, pour la fête des Mères etc., vous réactualisez les sites.

VF : Tout le temps ! La pivoine, le muguet, on ajoute, on enlève… C’est pour cela que, quand on dit « je te vends un site marchand », c’est presque du domaine du gag ! Ce n’est pas vrai que le fait de dépenser 5000 € pour un site marchand, cela va suffire pour gagner de l’argent. Ce n’est pas vrai !

TM : Avoir un site et ne pas savoir le référencer et le faire vivre, c’est comme se payer une maison et un immense terrain et de ne pas avoir la route qui y mène.

VF : C’est une belle image. Ou une voiture sans moteur ! C’est un investissement colossal en temps, pour un artisan fleuriste de créer un site internet. Un vendeur de sites, il faut le savoir, n’a aucune obligation de résultat. Même s’il vend un site de 5000 €, il n’a aucune obligation de résultat. Moi, j’ai un réseau, j’ai une obligation de résultat. Avec toute l’équipe, nous faisons une affaire personnelle pour que chaque boutique fonctionne. Par exemple, nous avons deux nouveaux adhérents qui nous ont rejoint à Mâcon et Abbeville, on se met en quatre… c’est une passion !

TM : Je comprends pourquoi ils sont motivés à te suivre !

VF : C’est gentil ! Je voulais te remercier parce que j’ai trouvé, sur Facebook, un regard bienveillant. Ce groupe, le tien, est bienveillant. Je trouve cela formidable. Je trouve également formidable l’idée que tu as de faire de la formation en ligne. Pour connaître la formation, j’ai travaillé avec Fabrice de Formagreen, mais aujourd’hui, tout le monde n’a pas le temps pour cela. C’est par la formation qu’on va se sortir de là aussi. Les fleuristes ont besoin de formation. Je voulais saluer cela chez toi.